jeudi 30 avril 2009

Docommentaires : "We like life tomorrow" d'Ismaël Elhabbash et "Gaza souvenirs" de Sam Albaric

Dans ce travail mensuel - qu’est notre cycle Docommentaires - de diffusion de documentaires sur la région et son conflit, mais aussi d’analyse et de compréhension de la façon dont est montrée la situation, les deux films que nous avons présenté au Centre culturel français ce mardi 28 avril ont une place particulière : d’une part par leur singularité, d’autre part pour leur style d’engagement.
Ismaël Elhabbash nous a fait l’honneur de nous laisser présenter en Première son tout nouveau film « We like life tomorrow » (2008 - 31 mn) qui, bien que fait avec un budget dérisoire, s’est avéré passionnant et a enchanté le correspondant de Reuters à Ramallah, Ali Sawafta. Ismaël Elhabbash a prêté une petite caméra vidéo a trois familles, de Gaza, Hébron et Jénine, et leur a demandé de filmer leur quotidien. Ce qui a donné trois séquences où sont racontés la beauté des liens familiaux, la modestie, l’espoir, la difficulté de la vie et ses joies : des récits de vie on ne peut plus normales, malgré la toile de fond faite d’occupation et d’humiliation. Un film très fort et très attachant.
Dans « Gaza souvenirs » (2007 – 46 mn), Sam Albaric raconte son amitié avec un Gazaoui, Wissam, et des liens tressés par le hasard et le défi. Mais ce qu’Albaric montre au-delà du personnage de Wissam et de ses amis, c’est la vie à Gaza, là encore faite de normalité, d’éclats de rires et de montée de peurs, d’amours filiales et d’amitié, de plaisanterie et d’inquiétudes… Un film très touchant, qui touche à fleur de peau cette réalité délicate et insoupçonnée : l’universalité de l’homme en l’Homme… Ce que les bombardements et les embargos voudraient faire oublier !

mardi 28 avril 2009

Très Courts à Ramallah




La première participation de Ramallah, et de la Palestine, au Festival Très Courts, pour sa 11ème édition, était symboliquement importante : comme beaucoup d’événements organisés par le Centre culturel français de Ramallah, la vocation de ce programme était de rallier la capitale provisoire palestinienne aux grands événements mondiaux récurrents, tels que la Fête de la musique, la Journée mondiale de la Femme, la Journée mondiale du film d’animation… Faire de notre mieux pour que Ramallah soit présente au monde…
Les trois heures de films de moins de 3 minutes du Festival étaient par ailleurs l’occasion d’une découverte, où l’imagination n’a eu de rival que le dynamisme. Certains des films ont créé l’hilarité, d’autres ont suscité quelques questions. Et le public, bien que peu nombreux, a ri et est resté tout le temps des deux projections, puisque la sélection a été montré une première fois le 26 avril dans la salle Arte du centre, et une seconde fois le lendemain. On aura par ailleurs remarqué la présence de George Khleifi, toujours aussi curieux de tout ce qui peut se faire dans le cinéma.
L’année prochaine le Festival Très Courts au Kasaba ? On le souhaite, si Très Court accepte encore de jouer le jeu de la Palestine !

Partenaire : Festival Très Courts

dimanche 26 avril 2009

Kwal en quelques dates à Ramallah...




Kwal était très attendu à Ramallah, quatre ans après son premier passage où il avait fait des émules. D’ailleurs, les premières parties de ses deux concerts à Ramallah ainsi que certains des ateliers ont été assurées par Hassan et Meelad du groupe Red Line. Hassan avait commencé le rap au cours d’un atelier de Kwal à El Amaari, quatre ans plus tôt !
C’est probablement pour renouer avec cette tradition que le chanteur a accepté le 9 avril de donner un atelier aux élèves de français de l’école Alhalya. Des talents se sont révélés, surtout parmi les filles… le soir de la même journée, il donnait un concert dans le petit amphithéâtre du Club de la jeunesse du camp de réfugiés d’El Amaari. Le public est venu moins nombreux qu’attendu, peu d’adolescents du camp étaient présents, alors que ce spectacle leur était dédié… Mais une soixantaine de jeunes s’étaient déplacés de la ville pour assister à ce concert inédit et décalé.
Plus décalée encore fut une merveilleuse soirée pleine de poésie, où Kwal en duo avec sa percussionniste Anne-Laure (quel talent !!!), ont donné un concert au bar le Blue, le 31 mars. Près de 200 personnes ont entourés le duo qui s’est entièrement donné à son public. S’en est suivie une soirée où Atala a pris les rennes de sa console et la jeunesse de Ramallah a pu danser jusqu’à l’aube…
Enfin après avoir animé des ateliers pour les étudiants d’Al Kamandjati, Kwal a donné un concert sur la terrasse de l’association de la vieille ville de Ramallah, où plus d’une centaine de jeunes se sont rendus pour écouter, chanter, danser…
Le bel engagement de Kwal a fait vibrer la jeunesse de Ramallah, qui a compris qu’elle avait en ce rapeur influencé par toutes les musiques du monde un poète allié prêt à lui donner une voix. C’est pour cela que, tous ces jours à Ramallah, avec beaucoup de sincérité, de délicatesse et de respect, beaucoup de cordes ont vibré en commun pour raconter « là où on habite »…

Partenaires : Al Kamandjati, Club de la jeunesse du camps d’El Amaari, Blue Bar, Centre culturel français de Gaza
Et écoutez des extraits de la musique de Kwal sur www.kwal.fr

Images : Lucia Cristina Estrada Mota

jeudi 16 avril 2009

Mois de la bande dessinée : Guy Delisle à Ramallah





C’est là une initiative de la médiathèque du Centre culturel français Chateaubriand de Jérusalem en la personne de Charlotte Shama, que d’avoir monté ce Mois de la bande dessinée en Palestine entre le 28 mars et le 14 avril 2009.
Certes, l’événement a débuté avec une exposition proposée par le Ministère français des Affaires étrangères, « 100 ans de bande dessinée en langue française », à laquelle auront été ajoutées quelques planches du Studio Zan de Ramallah pour doublement l’actualiser : géographiquement et spatialement !
Mais l’important de ce mois, sa motivation même, était lié à la présence du cartoonist et bédéiste canadien francophone à Jérusalem Est, Guy Delisle. L’auteur de « Pyong Yang », « Chroniques Birmanes », « Shenzen », mais aussi de « Comment ne rien faire », « Louis à la plage », « Albert et les autres » et de bien d’autres recueils s’est rendu très disponible pour rencontrer le public de Ramallah et de toute la Palestine.
Il a ainsi donné deux conférences assez spécialisées, en anglais : l’une ouverte au public sous le titre « The graphic novel : introduction to a phenomenon » et la seconde destinée à un auditoire de professionnels, au Zan Studio, et portant sur « Guy Delisle : making a graphic novel ».
Ces deux interventions avaient pour but de partager une expérience professionnelle à travers principalement la narration d’un parcours, mais très vite Guy Delisle s’est rendu compte qu’il avait lui-même affaire à des professionnels au moins de l’expression par le dessin et le graphisme. Son propos a dû s’adapter à cette exigence qu’il n’a d’ailleurs rencontrée qu’à Ramallah, où il est vrai la Fondation A.M. Qattan et Zan Studio mènent un véritable travail de fond dans la création, la formation et la réflexion dans ce domaine.
Enfin, une exposition lui a rendu hommage, intitulée « Dessins originaux de Guy Delisle ».
Des intellectuels, des artistes, des graphistes et quelques cinéastes ont participé à ces manifestations qui, si elle n’était pas populaires au plus haut degré, ont permis de resserrer des liens si ce n’est en créer dans un domaine assez fermé et encore très peu développé dans le Monde Arabe.

Partenaires : Fondation A.M. Qattan, Zan Studio, Centre culturel français Chateaubriand de Jérusalem

Esquisses par Guy Delisle à retrouver sur son site www.guydelisle.com
de même que nous vous invitons à visiter le site de notre partenaire www.zanstudio.com

Quelques mots d'amour en noir en blanc : "Palestine carnet de notes" de Véronique Vercheval




Ce fut là un très bel événement que le vernissage de l’exposition des photographies « Carnet de note en Palestine » de Véronique Vercheval, ce 13 avril 2009 au Centre Sakakini.
Une bonne soixantaine de personnes s’étaient déplacée pour l’occasion, malgré le fait qu’au même moment avait lieu le spectacle de clôture des Journées internationales Al Manara de théâtre au Kasaba.
Parmi le public, on aura pu croiser une Leïla Chahid particulièrement en verve et qui a expliqué dans un discours son attachement à Véronique Vercheval, le Consul général de Belgique à Jérusalem, Charles-Etienne Lagasse, directeur de Wallonie Bruxelles International ou le député et éditeur Serge Hustache. Etait encore présente une délégation d’architectes menées par Patrice Neirinck et venue pour la concours de la Palestinian Circus School. Beaucoup de projets se sont esquissés au cours de ce vernissage et des réseaux de relations se sont consolidés.
L’exposition, fort étoffée avec 80 images d’un format conséquent, atteint parfaitement les objectifs que s’était donnés la photographe pendant les 8 ans qu’elle y a travaillé : montrer la Palestine de tous les jours, certes faite de check-points et du mur, mais aussi de moment de banalités, de sourires, d’attentes sans tension, un peu comme le catalogue de Masarat l’aura déclarée « On ne manque de rien ici »… Une Palestine de gens normaux et ordinaires, et qui ne veulent rien d’autre que cela… En dehors de tous les clichés de violence… Une Palestine vécue, de tous les jours, de tous les instants et certainement destinée à l’éternité. Il y a beaucoup d’amour dans cette exposition, qui peut se lire comme une déclaration. Et le public ne s’y est pas trompé : il l’a prise comme telle !

Partenaires : Wallonie Bruxelles International, Consulat général de Belgique à Jérusalem, Centre Sakakini
Images : Véronique Vercheval et Alaa Khanjar
Site : www.veroniquevercheval.net

mardi 14 avril 2009

"La reine s'ennuie" aux Journées internationales du théâtre Al Manara, avec Andrea Sitter


La France se sera encore une fois illustrée par son spectacle, ce jeudi 12 avril 2009, “La reine s’ennuie” de la Compagnie Donau avec Andrea Sitter, en matière de participation au tout nouveau festival Al Manara de théâtre, de la capitale provisoire palestinienne. Cette ancienne danseuse pour Pina Bausch a créé une pièce dans la pure tradition de la compagnie allemande. Théâtre dansé, danse théâtralisée, tragique et rire acide, ce sont tous les codes classiques du théâtre qui sont mis à mal… Et le public de Ramallah, encore peu habitué à de tels détournements, a aimé au point de saluer Andrea Sitter par de longs applaudissements.
Après le spectacle, au Zan+, on aura pu rencontrer des Rashid Mashraoui, George Khleifi ou George Ibrahim totalement sous le charme de la performance, pendant que Andrea Sitter faisait connaissance avec Vincent Balladier, le directeur artistique du Festival d’Avignon, et Wajid Moawad, le jeune talentueux comédien et metteur en scène libano-canadien que Paris fête en ce moment… Du Ramallah pur jus, tout simplement !

Partenaires : Théâtre Al Kasaba, Centre culturel français de Naplouse

"Construire" avec Patrick Galais





Cette exposition “Construire” parachève 3 ans de travail de Patrick Galais sur la Palestine, trois années au cours desquelles il aura passé 7 mois sur place. L’enjeu affectif de cette exposition était donc considérable.
« Construire » est un magnifique exemple de « photographie documentaire », mouvement et style qui mettent la dimension humaine en avant dans toute démarche. Et si les photographies de Patrick Galais sont la plupart du temps vides de toute présence humaine, c’est parce que celle-ci se manifeste autrement et parfois avec bien plus de force : dans l’enchevêtrement de fers de constructions inachevées, dans un fauteuil vide et un peu bancal, dans un panneau publicitaire désuet, dans la poussière qui couvre un théâtre fermé, dans la vue minérale sur une rue déserte bordée de maisons de pierre… Le destin d’un peuple s’y raconte, avec ses drames, ses espoirs, ses possibles… Où comment transcrire ce qui se construit malgré la guerre et l’occupation. Il est question, là, sans aucun doute, d’une forme de résistance très forte et très belle.
Le public palestinien ne s’y est pas trompé et malgré l’abstraction de la démarche, sa difficulté parfois, l’exposition a remporté un très beau succès d’estime : l’unanimité s’est faite pour déclarer que Patrick Galais a saisi quelque chose de profond sur le fonctionnement de cette terre…
La municipalité de Ramallah, partenaire exemplaire, a accueilli cette exposition et l’Otman Court étant un immeuble souvent dédié aux activités para-scolaires, des visites d’écoles ont été organisées.
Enfin, le CCF a décidé de saisir l’opportunité de la présence de Patrick Galais pour exposer un travail personnel qu’il avait effectué, destiné à ses amis comme un carnet-souvenir de vacances, mais dont la poésie nous paraissait mériter d’être partagée : « 18 petites notes colorées ».
Patrick Galais a aussi animé de nombreux stages de sténopés, eu des rencontres pour la création d'un département de photographie à l'Université Ennajah de Naplouse et accepté des réunions de travail de reconnaissances avec ses confrères palestiniens.

Partenaire : Municipalité de Ramallah
Images à découvrir sur http://www.patrick-galais.com/